24/10/2008

Flânerie (1)

Apollinaire décrit, dans Le flâneur des deux rives, le Paris qu’il aime, celui qu’il déteste, celui qu’il regrette. Amateur de livres, il fréquentait la Bibliothèque Nationale et la Mazarine, mais il avoue préférer les quais, « cette délicieuse bibliothèque publique ».

C’est à la Bibliothèque du Musée social, rue Las Cases, qu’il fait la connaissance d’un amateur de bibliothèques. « Je me souviens, me dit-il, de lassitudes profondes dans ces villes où j’errais et afin de me reposer, de me retrouver en famille, j’entrais dans une bibliothèque. » (p. 43).

Suivons ce promeneur dans ses pérégrinations à travers le Continent Bibliothèque.

« Je crois que, pour ce qui est de la lumière, la bibliothèque de Lyon est une des plus agréables. Le jour y pénètre mieux que dans toutes les bibliothèques de Paris. » Lyon_Biblio_Jésuite

Reste à savoir quelle bibliothèque l'interlocuteur d'Apollinaire décrit ainsi. Car à l’époque où l'auteurécrit ces lignes, la Bibliothèque de Lyon a déjà connu quelques implantations !

A partir de 1565, elle se trouve dans le Collège de la Trinité (actuel lycée Ampère), ou plutôt, on l’y cherche, car les livres sont dispersés en divers points du Collège et il faut attendre la première moitié du XVIIe siècle pour qu'une salle particulière soit attribuée à une bibliothèque. Celle-ci est réservée aux professeurs.

En 1731, la première bibliothèque publique de Lyon (Hôtel de Fléchère) ouvre ses portes dans le vieux quartier Saint-Jean. Elle est ouverte le lundi et le vendredi. Les ouvrages ne peuvent être empruntés. En 1765, les deux bibliothèques sont réunies au Collège de la Trinité, géré par les Oratoriens. Le fonds de 40 000 ouvrages est rendu accessible au public.

A la révolution, la bibliothèque est fermée et les biens confisqués aux communautés religieuses lyonnaises sont rassemblées dans divers dépôts littéraires. L'occupation de la bibliothèque par les troupes armées après le siège de Lyon, les prélèvements faits pour enrichir les collections parisiennes et les conditions précaires de conservation portent atteinte à l'intégrité des collections.Lyon-Musée-saint-pierre

En 1803, la municipalité prend en charge la gestion de la bibliothèque et prévoit la nomination et la rémunération d’un bibliothécaire, ainsi qu’un budget de fonctionnement. Antoine Delandine, le premier bibliothécaire nommé, s’attèle au classement des collections. Avec lui et ses successeurs, les collections s'accroissent.

En 1831 est créée une seconde bibliothèque municipale consacrée aux sciences et aux arts, la bibliothèque du Palais des Arts (actuel musée Saint-Pierre), qui regroupe les collections de l'Académie de Lyon et de diverses sociétés savantes. Les locaux des deux bibliothèques deviennent vite insuffisants et des lecteurs se plaignent de la dispersion des collections.

En 1911, la Bibliothèque municipale s’installe dans le Palais Saint-Jean, sur les bords de la Saône. Elle englobe les collections du Collège et celles du Palais des Arts.

Lyon Biblio_Palais_st_Jean

A partir de 1959, le réseau de lecture publique et des bibliothèques pour adultes et pour enfants sont ouvertes dans les différents arrondissements.

Lyon Part-Dieu BibliothèqueEt en 1972, la bibliothèque centrale quitte le Palais Saint-Jean pour de nouveaux locaux, situés sur la rive gauche du Rhône, dans le quartier de la Part-Dieu.

 

Et donc, quel lieu l'amateur de Bibliothèque confie-t-il à Apollinaire qu'il le considère comme "l’une des bibliothèques les plus agréables" ? Le Musée Saint-Pierre avec son cloître magnifique ? J’aimerais bien le savoir !

 

La Bibliothèque municipale de Lyon

Quelques photos de Lyon

17:09 Écrit par Bibliophage dans Bibliothèque | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, patrimoine |  Facebook |

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