27/02/2009

Fureur de lire 2007, le lauréat

Jean-François Bourdoulous, «Les mauvaises intentions», Evron, France, Grand Prix de la Communauté française dans le cadre du concours de nouvelles, Fureur de lire.

Synopsis

Une famille passe deux semaines de vacances à Saint-Malo.

Le fils, seize ans, se trouve très moche. Il n’a pas d’ami et ne cherche pas à en avoir.

La mère est belle, dépense beaucoup et fume trop.

Le père travaille et téléphone beaucoup.

Tous trois s’ignorent pendant l’année et trouvent la cohabitation en vacances plutôt malaisée.

Quelques jours après le début du séjour, le fils part se promener tôt matin et rencontre le garçon. Celui-ci a dix-sept ans et est très beau. Les deux jeunes gens s’entendent bien et décident de passer du temps ensemble.

La mère s’amène et suscite le désir du garçon. Celui-ci est invité à partager le repas du soir. Le fils est si jaloux qu’il a envie de tuer sa mère. Il veut garder le garçon pour lui tout seul.

Quelques jours plus tard, le fils trouve dans la poche du pantalon du garçon un mot de sa mère, fixant un rendez-vous au garçon. Le fils force le garçon à lui donner ses vêtements et va au rendez-vous à sa place.

Dans le noir, la mère prend son fils pour le garçon et l’embrasse sur les lèvres puis sur tout le corps. Le fils la baise avec brutalité puis s’en va. La mère est détruite.

Thématique

beauté, famille, inceste fils-mère, jalousie, laideur, rendez-vous, vol d’identité, violence sexuelle.

Style

Il est du genre qu’on est tenté d’appeler « minimaliste ».

Quelques statistiques pour illustrer mon propos :

v     Le texte fait 41 paragraphes, 330 phrases, 2232 mots, 12.026 signes.

v     10 phrases d’un seul mot : « Moche. Vilain. Affreux. Déformé. Monstrueux. Trop. Paris. Indéfinissable. Saint-Malo. Carnassier. »

v     24 phrases de deux mots : « Si proches. Si longtemps. Très beau. Très brun. Très fin. Presque maigre. Bronzé aussi. Son ami. Des amis. Du soleil. Un ami. Oublier Paris. Il souffre. De désespoir. De rage. De déception. Le fils. Le garçon. De désir. Elle rit. Puis brutalement. Elle crie. Elle aime. Il jouit. »

v     36 phrases de trois mots : « Juste un instant. – Les mouettes crient. – Ils s’apprécient. - C’est l’été. – Il se retire. – Et c’est tout.  – etc. »

v     Avec 52 phrases de quatre mots et 37 phrases de cinq mots, l’auteur arrive à réaliser le tour de force d’écrire plus de la moitié de son texte en phrases de cinq mots maximum, dont 74 phrases sans sujet. Quand on vous dit que c’est « minimaliste ».

 

Illustration (la phrase la plus longue fait dix mots) : « Ils sont quatre à table ce soir. Ils sont sur la terrasse. Ils dégustent des fruits de mer. Le garçon est là. À côté du fils. En face de la mère. Elle pose des questions. Beaucoup de questions. Le fils ressent une douleur au ventre. Il voudrait qu’elle s’étrangle. Qu’elle étouffe. Qu’elle disparaisse. Qu’elle meure. À chaque question qu’elle pose, il voudrait la tuer. Le garçon répond poliment. Il est à l’aise. Il aime répondre aux questions de la mère. Il aime la mère. Le fils le voit sur son visage. Un visage illuminé. De toute beauté. Il est jaloux. Il ne sait pas pourquoi. … »

Propos

En refusant de nommer ses protagonistes, l’auteur banalise absolument tout ce qui se rapporte à eux. On démarre sur une série de clichés : le père travaille, la mère se contente d’être belle et dépensière, le fils n’a pas d’amis. Ils sont en vacances à la mer.

L’élément perturbateur, ce n’est pas le garçon, mais sa rencontre avec la mère. On ne sait pas grand-chose du garçon, sinon qu’il est beau et que, lui, ses parents s’en occupent. Et qu’il veut être artiste « comme tous les jeunes de son âge ». Le beau cliché que voilà !

Il suffit que la mère arrive sur la plage et tout le monde la regarde. Elle est belle. Elle inspire le désir. Au départ, on croit que c’est le garçon qui est séduit. Mais non, c’est la mère qui désire le garçon, qui « n’a jamais connu ça avant ».

On ne comprend pas trop bien les réactions du fils. Il est jaloux, mais de quoi ? Du garçon, de la relation qu’il développe avec la mère, de l’attention que celle-ci lui porte ? On ne sait pas. Pourtant, on est invité à croire que cette jalousie le porte vers des sentiments violents : « Il voudrait qu’elle s’étrangle. Qu’elle étouffe. Qu’elle disparaisse. Qu’elle meure. (…) il voudrait la tuer. (…), le fils pleurait. De désespoir. De rage. (…) Il pourrait l’étrangler. La faire disparaître. Il le désire. Un désir vorace. Carnassier. »

Qu’est-ce qui fait tant souffrir le fils? Que le garçon vienne s’immiscer entre lui et la mère ? Difficile à croire, alors que le début du texte nous a informés sur l’indifférence réciproque entre les membres de cette famille.

Lui reproche-t-il de trahir son mari ? Mais alors, il aurait suffi au fils de confronter sa mère au moment où elle arrive au rendez-vous, ça lui aurait fait une belle leçon. Ah oui, j’oubliais, dans ce cas, il n’y aurait pas eu d’inceste.

On pourrait croire que le nœud du problème serait dans un désir d’amitié de la part d’un jeune homme plutôt solitaire, ou même, c’est sous-jacent dans le texte, d’un désir tout court :

« Le fils se sent bien avec le garçon. (…)Une heure après leur rencontre, ils sont déjà amis. (…) Le fils part rejoindre ses parents, une drôle de sensation au ventre. Indéfinissable. (…) Il le veut pour lui tout seul. Son ami. Son seul ami. Le corps du garçon est tanné. Celui du fils semble nacré. Leurs peaux s’opposent mais ils sont ensemble. (…)Vivre comme ça. Et mourir comme ça. À côté du garçon. (…) Il regarde le garçon s’éloigner. Il regarde sa silhouette. Sa démarche. Il est fier. C’est son ami. » De nouveau, pourquoi ne pas s’expliquer avec le garçon et/ou avec sa mère, au lieu de se substituer au garçon ? Ah oui, j’oubliais, dans ce cas, il n’y aurait pas eu d’inceste.

 

Au fond, ce qui m’ennuie dans cette nouvelle, c’est que, campant ses personnages d’une manière stéréotypée et développant une intrigue assez plate dans un style dépourvu de relief, l’auteur essaie de nous amener à une empathie envers un personnage masculin qui commet par caprice un acte violemment amoral dont la victime est un personnage féminin, qu’il s’est en quelque sorte arrogé le droit de châtier et même de détruire.

L’auteur reprend plus ou moins le même procédé dans la nouvelle « Par omission » avec laquelle il a remporté le concours 2008 d’écriture de nouvelles, Ecrire pour Chatel, organisé par la Mairie de Châtelaillon-Plage. Le personnage principal évoque ses souvenirs heureux (il a rencontré une fille, ils se sont aimés, mariés, ils ont eu un enfant qu’ils adorent, ils s’apprêtaient à partir en vacances au soleil) pendant qu’il trimballe dans sa voiture, le long d’une route au bord de l’Atlantique, le cadavre de son bébé, qu’il a oublié de conduire à la crèche en partant au travail et qu’il a laissé toute la journée dans sa voiture. C’est envers celui qui détruit l’autre que nous sommes invités à éprouver de la compassion. 

Recette pour obtenir un prix littéraire

Choisir un style mode : D’abord écrire des phrases courtes. Très courtes. Qui font coup de poing. De temps en temps, pour alléger le cerveau endolori du lecteur, insérer une phrase de plus de dix mots. Eviter de joindre dans une même phrase une proposition principale et une proposition subordonnée. Privilégier les phrases sans sujet ou sans verbe ou sans les deux.

Choisir un sujet mode : l’inceste, le viol, l’infanticide (par omission), etc.

Choisir un point de vue mode : traiter le sujet du point de vue de celui qui provoque la destruction de l’autre, en se proposant de faire vibrer le lecteur en sympathie avec ce personnage.

Remarque : plus c’est sordide, mieux c’est.

19/02/2009

Zeugme

 

Figures de style : le zeugme

Vous vous souvenez de cette chanson qui commençait par ce vers :

'Elle descend de la montagne à cheval, ohé (variante: Elle descend de la montagne à bicyclette”.

Quel adepte du scoutisme aurait pu oublier les Sidi ay ay youpi youpi ayé” du refrain? Et la chanson continuait :

Elle embrasse son grand-père quand elle descend,... /Je voudrais bien être son grand-père quand elle descend,.../Mais j'préfère avoir 20 ans et toutes mes dents,...”

Qui d'entre nous savait qu'en chantant cette dernière phrase, il énonçait un zeugme? Eh oui, avoir 20 ans, c'est une chose, avoir toutes ses dents, ...

D'autres exemples de zeugme:

des cadeaux qui meublent une chambre et la conversation” (Proust)

Il croyait à son étoile et qu’un certain bonheur lui était dû” (Gide)

Ils savent compter l’heure et que la terre est ronde” (Musset)

 

La première caractéristique d'une zeugme, c'est d'unir deux éléments (ou plus).

Prenons la phrase suivante :

Robert avait toujours exigé sa ration de sucre dans le café et de politesse dans la conversation” (Hervé Bazin).

Dans cette phrase, les deux éléments sont :

  • le sucre dans le café” (e1)

  • La politesse dans la conversation” (e2)

e1 et e2 sont réunis par la conjonction de coordination et”.

La deuxième caractéristique, c'est la présence d'un élément (D) qui détermine e1 et e2 : un nom, un verbe, un adverbe, un adjectif, ce qu'on veut.

Dans la phrase de Bazin, il s'agit de la ration (de sucre, de politesse).

Cet élément est exprimé pour e1 et sous-entendu pour e2.

C'est bien beau, me direz-vous, mais dans la phrase

Je renonce à la Grèce, à Sparte, à mon empire, à ma famille” (Racine - Andromaque, V, 3),

on a plusieurs éléments, dépendant du même verbe qui est exprimé une première fois et sous-entendu dans le reste de la phrase. Ça ressemble furieusement à une énumération tout ce qu'il y a de plus simple.

Eh oui, c'est que la troisième caractéristique, c'est que les éléments ainsi réunis sont disparates. Sans cela, pas de zeugme.

Les motifs de cette disparité peuvent être de différents ordres.

  • les éléments ne s'accordent pas en nombre :

    La tête est tiède, les mains froides, les jambes glacées” (Giraudoux, Intermezzo, III, 5)

    Vous régnez ; Londres est libre et vos lois florissantes” (Voltaire).

    La foudre est mon canon, les Destins mes soldats”, Corneille, L'Illusion comique, II, 2

    L’air était plein d’encens et les prés de verdure” (Hugo)

    Dans ces phrases, on emploie d'abord "est" puis l'on sous-entend "sont". Dans le dernier exemple, on sous-entend « étaient pleins”.

  • Les éléments sont de construction différentes :

Il croyait à son étoile et qu’un certain bonheur lui était dû.” (André Gide)

Ils savent compter l’heure et que la terre est ronde.” (Musset)

J'ai l'estomac fragile et horreur du graillon.” (Jules Romains).

A défaut de sonnette, ils tirent la langue ” (Paul Valéry) (une construction un peu inhabituelle).

 

  • la figure coordonne deux termes dont l'un est concret et l'autre abstrait.

Parlent encore de vous en remuant la cendre/De leur foyer et de leur coeur” (Hugo),

Les Bénédictins avaient défriché la terre et l'esprit des Barbares” (Michelet)

"Il n'y a pas non plus, au fond une grande différence entre sacrifier ses moutons et sacrifier ses penchants. Chaque rite ou prière témoigne irréfutablement de l'idolâtrie." (Arthur Schopenhauer / 1788-1860 / Parerga)

Les marchands de boisson et d’amour. (Guy de Maupassant)

Contre ses persiennes closes, Mme Massot tricote, enfermée dans sa chambre et dans sa surdité. (Roger Martin du Gard)

[le neveu de Rameau] est doué (...) d'une chaleur d'imagination singulière et d'une vigueur de poumons peu commune” (Diderot)

 

D'aucuns présentent les deux premiers cas comme appartenant au zeugme syntaxique et le dernier cas comme ressortant au zeugme sémantique.

  • Dans le zeugme syntaxique, le terme occulté est utilisé dans le même sens. Le zeugme syntaxique de construction associe à un même mot (en général un verbe) deux compléments qui se construisent différemment.

  • Le zeugme sémantique consiste quant à lui à joindre à un mot deux compléments disparates quant à leur signification. Ce type de zeugme se traduit généralement par le rapprochement de deux éléments de nature lexicale différente, l’un étant concret et l’autre étant abstrait.

 

Voilà un subdivision relativement artificielle et qui ne permet pas forcément de comprendre comment le zeugme opère ni pourquoi « ça marche ».

Beaucoup relèvent le côté disparate, incongru, incohérent de cette figure de style, allant même jusqu'à la considérer comme fautive et la prétendant condamnée par les linguistes comme par les traducteurs.

zeugme resonance

Constatons que l'effet du zeugme repose avant tout sur la polysémie du terme occulté. On peut alors considérer que cette figure rend compte de la richesse de la langue et savourer les jeux de langage auxquels se sont livrés certains auteurs :

Il s’enfonça dans la nuit et un clou dans la fesse droite” (Pierre DAC).

Prenant son courage à deux mains et sa winchester de l’autre, John Kennedy se tira une balle dans la bouche” (Pierre DESPROGES).

"Il y en a qui élèvent des enfants, d'autres qui élèvent des poulets ou des vaches, moi, j'élève la voix" (J. Prévert)

« Tous les matins, il saute son petit-déjeuner et la concierge » (Pierre Desproges)

"... Les grands pots rouges des deux cotés du perron, transformés en Indiens sauvages par la nuit qui venait et les incertitudes de l'orthographe."(Boris Vian, L'Herbe Rouge)

On peut aussi goûter la puissance d'évocation atteinte par les auteurs qui en ont usé :

Je n'attendais pas moins de mes riches déserts/Qu'un tel enfantement de fureur et de tresse” (Valéry)

"Sous le pont Mirabeau coule la Seine/Et nos amours" (Apollinaire)

Vêtu de probité candide et de lin blanc. (Victor Hugo)

Je m'étonnais de son aménité et que ses yeux fussent rougis par les larmes (François Mauriac).

Ces larges murs pétris de siècles et de foi ” (Lamartine)

Le ciel s'est couvert de rage et de plumes (Raymond Queneau).

     

Et puis, il y le tour de force : le double zeugme :

Tout jeune Napoléon était très maigre et officier d'artillerie./Plus tard il devint empereur./Alors il prit du ventre et beaucoup de pays. (Jacques Prévert)

En achevant ces mots, Damoclès tira de sa poitrine un soupir et de sa redingote une enveloppe jaune et salie. (Desproges)

Après avoir sauté sa belle-soeur et le repas du midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane. (Desproges)

Comme il a les poches percées et l'âme vagabonde, Verheggen a parcouru le monde et exercé tous les métiers. (Gérard-Georges Lemaire)

Un petit dernier pour la route.

"L'ancien combattant a été blessé deux fois ; une fois au front, l'autre à l'abdomen. (Coluche)" (si, c'est un zeugme. Un indice : il y a front et front).

 

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18/02/2009

Magie de la lecture

Bascove - Paris

bascove Paris

Il fait bon d'ouvrir la porte au rêve : on cherche la magique extase de la poésie dans la lecture des chef-d'oeuvre qu'elle a produits.

[Adrienne Sénécal]
Le notaire Joffriau

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New York, romans, récits et autres

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New York contée par ceux qui y sont nés, ceux qui y ont grandi, ceux qui y sont morts ou ceux qui y vivent encore, ceux qui l'ont visités. Une exploration littéraire
...



  1. Auster, Paul, Smoke et Brooklyn Boogie in Œuvres romanesques et autres textes, volume 1. Arles : Actes Sud, 1999

  2. Auster, Paul, Trilogie new-yorkaise in Œuvres romanesques et autres textes, volume 2. Arles : Actes Sud, 1999 Titre original : The New York Trilogy. La trilogie new yorkaise comprend trois romans : Cité de verre, Revenants et La chambre dérobée

  3. Baldwin, James, Harlem quartet, trad. par Christiane Besse. Paris : Stock, 1987. Titre original : Just above my head

  4. Baldwin, James, La conversion : roman, trad. par Michèle Albaret-Maatsch. Paris : Payot et Rivages, 1999. (Collection de littérature étrangère). Titre original : Go tell it on the mountain

  5. Bellow, Saul, The victim : a novel. New York : Penguin Books, 1988.

  6. Capote, Truman, Petit déjeuner chez Tiffany’s, trad. par Germaine Beaumont. Paris : Gallimard, 1995. (Collection Folio). Titre original : Breakfast at Tiffany’s

  7. Céline, Louis-Ferdinand, Voyage au bout de la nuit in Romans 1. Paris : Gallimard, 1981. (Bibliothèque de la Pléiade)

  8. Cendrars, Blaise, “ Les Pâques à New York ” in Du monde entier au cœur du monde : poèmes in Œuvres complètes 1. Paris : Club français du livre, 1971.

  9. Chabon, Michaël, Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay, trad. par Isabelle D. Philippe. Paris : R. Laffont, 2002. (Pavillons). Titre original : The amazing adventures de Kavalier & Clay

  10. Charyn, Jerome, Kermesse à Manhattan, trad. par Rosine Fitzgerald. Paris : Gallimard, 1992 (Collection Folio, 2385). Titre original : The education of Patrick Silver

  11. Charyn, Jerome, Metropolis : I love New York. Paris : Presses de la Renaissance, 1987Kerr James 7th avenue subway

  12. Charyn, Jerome, Metropolis, New York comme mythe, marché et pays magique, trad. par Pascale Hass. Genève : Metropolis, 2000. Titre original : Metropolis, New York as myth, marketplace and magical land

  13. Crane, Hart, Le Pont, adapt . par François Tétreau. Paris : Obsidiane, 1987. Titre original : The bridge. Il s’agit du pont de Brooklyn.

  14. Crane, Stephen, Maggie, fille des rues, trad. et présenté par Jeanne-Marie Santraud. Edition bilingue. Paris : Aubier, 1993. (Domaine américain bilingue). Titre original : Maggie, a girl of the streets.

  15. De Lillo, Don, Underworld. New York : Scribner, 1997.

  16. DeLillo, Don, Chien galeux : roman, trad. par Marianne Véron. Arles : Actes Sud, 1991. (Lettres anglo-américaines). Titre original : Running dog

  17. DeLillo, Don, Joueurs, trad. par Marianne Véron. Arles : Actes Sud, 1993 (Lettres anglo-américaines). Titre original : Players

  18. Dickens, Charles, Voyage en Amérique, trad. par Gérard Piloquet et Eric Chédaille. Paris : Phébus, 1994. (D’ailleurs). Titre original : American notes for general circulation

  19. Doctorow, E.L., Ragtime : roman, trad. par Janine Hérisson. Paris : R. Laffont, 1982.Ternoff Janet Lombardi s nyc

  20. Dos Passos, John, Manhattan transfer, ill. par Miles Hyman, trad. par Maurice-Edgar Coindreau. Paris : Fururopolis, Gallimard, 1990.

  21. Dreiser, Theodore, Sister Carrie : roman, trad. par Jeanne-Marie Santraud. Paris : J. Losfeld, 1996.

  22. Duran Cohen, Ilan, Chronique alicienne : roman. Arles : Actes Sud, 1997. (Domaine français)

  23. Ellis, Bret Easton, American psycho, trad. par Alain Defossé. Paris : Salvy, 1992.

  24. Ellison, Ralph, Homme invisible, pour qui chantes-tu ?, trad. par Magali et Robert Merle. Paris : B. Grasset, 1994. (Les cahiers rouges). Titre original : Invisible man

  25. Fitzgerald, Francis Scott, Gatsby le Magnifique, trad. par Michel Viel. Lausanne : L’Age d’homme, 1991. Titre original : The Great Gatsby

  26. Gaddis, William, The recognitions, with an introduction by William H. Gass. New York : Penguin, 1993.

  27. Ginsberg, Allen, “ Elégie pour Neal Cassady ” in La chute de l’Amérique, trad. par Gérard-Georges Lemaire et Anne-Christine Taylor. Paris : Flammarion, 1979. (Connections). Titre original : The fall of America

  28. Ginsberg, Allen, Kaddish, trad. par Mary Beach. Paris : C. Bourgois, 1977.

  29. Hammett, Dashiell, L’introuvable, trad ; par Henri Robillot. Paris : Gallimard, 1987. (Folio, 1898)Titre original : The thin man

  30. Himes, Chester, A rage in Harlem. New York : Random House, 1989.

  31. Himes, Chester, Cotton comes to Harlem. New York : Vintage books, 1988 (Vintage crime)

  32. Himes, Chester, La reine des pommes…, trad. par Minnie Danzas, C. Wourgaft, J. Hérisson et H. Robillot. Paris : Gallimard, 1989. (Bibliothèque noire). Titre original : The five cornered square

  33. Howells, William Dean, A hazard of new fortunes. Mattituck (N.Y) : Ameron house, [1997]La Gambina Vincent the life cafeterié

  34. Hughes, Langston, L’ingénu de Harlem : nouvelles, trad. et présentées par F.-J. Roy. Paris : La Découverte, 2003. (Culte fictions). Titre original : The best of simple

  35. James, Henry, The American scene in Collected travel writings. New York :The Library of America, 1993.

  36. James, Henry, Washington square. (s.l.) : Cercle du Bibliophile, 1964.

  37. Kaplan, Leslie, Le pont de Brooklyn. Paris : P.O.L., 1987.

  38. Kerouac, Jack, Les souterrains, trad. par Jacqueline Bernard. Paris : Gallimard, 1986. (Du Monde entier). Titre original : The subterraneans. Dans Manhattan et Greenwich Village.

  39. Kerouac, Jack, Sur la route, traduit par Jacques Houbart. Paris : Gallimard, 1986. (Folio, 766). Titre original : On the road.

  40. McCann, Colum, Les saisons de la nuit, trad. par Marie-Claude Peugeot. Paris : Belfond, 1998. Titre original : This side of brightness

  41. Melville, Herman, Bartleby le scribe, une histoire de Wall Street, trad. par Jean-Yves Lacroix. Paris : Allia, 2003.

  42. Melville, Herman, Pierre ou les ambiguïtés : roman, trad. par Pierre Leyris. Nouvelle édition revue et corrigée. Paris : Gallimard, 1989. (Du Monde entier).Titre original : Pierre or the ambiguities

  43. Miller, Henry, Aller-retour New York, trad. par Dominique Aury. Paris : Buchet/Chastel, 1962

  44. Millhauser, Steven, Martin Dressler, le roman d’un rêveur, trad. par Françoise Cartano. Paris : Albin Michel, 2000. Titre original : Martin Dressler, the tale of an American dreamer

  45. Morand, Paul, New York in Voyages, édition établie et présentée par Bernard Raffali. Paris : R. Laffont, 2001. (Bouquins)

    Macdonald Times-Square

  46. Perec, Georges, Récits d’Ellis Island : histoires d’errance et d’espoir, avec Robert Bober, publ. par l’Institut national de l’Audiovisuel. Paris : P.O.L., 1994.

  47. Robbe-Grillet, Alain, Projet pour une révolution à New York. Paris : E. de Minuit, 1985.

  48. Roth, Henry, L’or de la terre promise : roman, trad. par Lisa Rosenbaum. Paris : B. Grasset, 1989. Titre original : Call it sleep

  49. Roth, Henry, Requiem pour Harlem, trad. par Michel Lederer. Paris : Ed. de l’Olivier, 2000. Titre original : Requiem for Harlem

  50. Roth, Henry, Un rocher sur l’Hudson, trad. par Michel Lederer. Paris : Ed. de l’Olivier, 1995. Titre original : A diving rock on the Hudson

  51. Salinger, J.D., L’attrape-cœurs, trad. par Annie Saumont. Paris : R. Laffont, 1986. (Pavillons). Titre original : The catcher in the rye

  52. Sartre, Jean-Paul, “ New York, ville coloniale  in Situations III : Lendemains de guerre. Paris : Gallimard, 1992.

  53. Selby, Hubert Jr, Last exit to Brooklyn, trad. par Jeanne Colza. Paris : Albin Michel, 1989.

  54. Simenon, Georges, Trois chambres à Manhattan et Maigret à New York in Œuvre romanesque, 1. Paris : Presses de la Cité, 1992. (Collection Omnibus)

  55. Simon, Claude, Les corps conducteurs : roman. Paris : Ed. de Minuit, 1985.

  56. Singer, Isaac Bashevis, Ennemies : une histoire d’amour, traduit par Gilles Chahine, avec la collaboration de Marie-Pierre Castelnau. Paris : Stock, 1980. (Bibliothèque cosmopolite). Titre original : Enemies : a love storyWampler sondra Central-Park-W-I

  57. Singer, Isaac Bashevis, Ombres sur l’Hudson : roman, trad. par Marie-Pierre Bay. Paris : Mercure de France, 2000. (Bibliothèque étrangère). Titre original : Shadows on the Hudson

  58. Smiley, Jane, Un appartement à New York, trad ; par Anne Damour. Paris : Payot et Rivages, 1996. (Collection de littérature étrangère). Titre original : Duplicate keys

  59. Sollers, Philippe, Vision à New York : entretien avec David Hayman. Paris : B. Grasset, 1981. (Figures)

  60. Spiegelmann, Art, A l’ombre des tours mortes, trad. par Philippe Mikriammos. Bruxelles : Casterman, 2004.

  61. Wharton, Edith, Chez les heureux du monde, trad. par Charles Du Bos. Paris : Hachette, 1987. Titre original : The house of mirth

  62. Wharton, Edith, Le temps de l’innocence : roman, trad. de l’anglais , préf. de Diane de Margerie. Paris : Flammarion, 1993. (Bibliothèque anglaise). Titre original : The Age of innocence

  63. Wharton, Edith, Vieux New York : romans, trad. par Claire Malroux, préf., bibliogr. et chronologie par Diane de Margerie. Paris : Flammarion, 1993. Titre original : Old New York

  64. White, E. B., Un air de New York, trad. par Martine Leroy-Battistelli. Paris : Buchet-Chastel, 2001. Titre original : Here is new York

  65. Whitman, Walt, “ Chant de moi-même ” in Feuilles d’herbe, trad. intégrale et présentation de Jacques Darras. Paris : Gallimard, 2002. (Collection Poésie, 372)

  66. Wolfe, Tom, Le bûcher des vanités : roman, trad. par Benjamin Legrand. Paris : Librairie générale française, 1995. Titre original : The bonfire of vanities

  67. Wolfe, Tom, Le gauchisme de Park Avenue, trad. par Alexandra Giraud et Georges Magnane. Paris : Gallimard, 1990. (Du Monde entier)

  68. Wul, Stefan, Niourk. Paris : Denoël, 1990. (Présence du futur, 128).

Bibliographie récente : Lettres New Yorkaises

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03/02/2009

les livres, les enfants et les chats

Kurt Solmssen - Summer reading

solmssen-kurt-summer reading

Les livres partagent avec les tout petits enfants et les chats le privilège d'être tenus, des heures durant, sur les genoux des adultes. Et de façon extraordinaire, plus encore que les enfants, plus encore que les chats, ils ont le pouvoir de captiver jusqu'au silence le regard de ceux qui les regardent, de pétrifier les membres de leur corps, de subjuguer les traits de leur visage jusqu'à leur donner l'apparence de l'imploration muette, l'apparence d'une bête qui est aux aguets, l'apparence d'une prière incompréhensible et peut-être éperdue.

Pascal Quignard
Le Salon du Wurtemberg

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Figures de style

La syntaxe la plus belle ne fera pas de vous un écrivain. C'est quand, maîtrisant parfaitement ses règles, vous rompez avec elles pour exprimer quelque chose, non tant d'une manière nouvelle que d'une manière qui vous correspond à vous, c'est à ce moment-là que, sortant de la banalité, vous devenez écrivain. Enfin, c'est ce qu'ils disent... Ils, c'est-à-dire vos professeurs de littérature, mais aussi  tous ces auteurs de manuels qui entendent vous apprendre l'art d'écrire.

Saisi par une inspiration soudaine, vous couchez des phrases sur le papier, vous pensez innover... Mais la figure de style que vous venez d'inventer est probablement déjà recensée, cataloguée, répertoriée et a sa place au dictionnaire.

Comment pouvez-vous imaginer, vous qui écrivez, que vous commettez hypallages, apocopes, épenthèses et métathèses, anacoluthes et synecdoques... Et vous ne le faites même pas exprès.

Cela vaut-il la peine de connaître ces procédés pour pouvoir écrire? Peut-être pas. Mais je remarque que les ouvrages proposant des exercices pour les ateliers d'écriture en font abondamment usage.

Alors pourquoi ne pas explorer ces notions ?

Melo Marcio - l'ordre intérieur

 

15:29 Écrit par Bibliophage dans Styles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, citations, figures de style, melo |  Facebook |