26/02/2010

Duras et les autres

On a l'impression que les livres de Duras composent une oeuvre qui vaut plus par les commentaires qu'elle a inspirés que par elle-même. Pour 150 pages de Moderato Cantabile, que d'encre, que de pages (et d'arbres abattus), que de mots. Comme si le vide et la banalité des propos de l'auteure appelaient à un remplissage, un déversement de tous ceux qui sont prêts à jurer que Duras est le nouveau Proust, le nouveau Melville, le nouveau Flaubert, le nouveau etc. (Y en a qui ose!), mais qu'elle n'est pas Hemingway, ni Becket, ni Camus, ni etc. (ce qu'on avait remarqué), comme si Duras ne pouvait se lire ou se comprendre que par comparaison avec d'autres (vrais) écrivains. Tout ça pour ne pas avoir à admettre, franchement, soyons sérieux, là, que cette banalité frise l'idiotie, que cette sobriété tant vantée camoufle à grand peine une vacuité intersidérale, que ce que d'aucuns appellent "style" est en fait un absence totale de style. La seule explication que je puisse trouver à un tel succès (surtout auprès des intellectuels français), c'est que, après Duras, on ne peut que faire mieux. Une référence qui évite de se comparer aux (grands) auteurs français, ce qui permet de saluer à grands cris chaque nouvel ouvrage des littérateurs contemporains. Bidule Truc ou Machin chose, les nouveaux Duras! Hourra!

On attend encore le nouveau Zola ou le nouveau Flaubert... (Je sais, je démontre encore que je n'ai rien compris. La littérature contemporaine fait fi du récit, des personnages, du sens. C'est Marguerite qui l'a dit. (Pas Yourcenar, elle non plus n'a rien compris, elle a écrit de véritables chefs d'oeuvre avec histoire, personnage, sens...). Marguerite Duras, elle, écrit: "J'ai fait des livres incompréhensibles et ils ont été lus" (Ecrire, p.36).

Je termine la lecture de deux textes de Duras. Un superflu, un crapuleux.

"Ecrire", je l'ai commencé pour apprendre/comprendre ce qu'elle avait à dire de la condition d'écrivain. Une fois débroussaillé, les maniérismes déblayés, le sens enfin trouvé, que reste-t-il? Un écrivain, pour Duras, c'est un solitaire: pour écrire, il faut être seul (Stephen King dit la même chose en moins de mots et sans prétention) et écrire vous rend seul (ah bon?). A part ça, on sait maintenant comment meurt une mouche (au passage, son éditeur aurait pu lui faire remarquer que la mouche, un diptère, ne possède pas d'élytres, communes par ailleurs chez les coléoptères). On apprend aussi que "La mort d'une mouche, c'est la mort." (p.41). Je n'épiloguerai pas sur la manière dont, de la mort d'une mouche, on passe au génocide des Juifs et au bonheur "colossal" qu'éprouve l'auteure à l'idée de tuer un Allemand (n'importe quel Allemand... en 1993...). Brrrr

Quoi d'autre? Des conseils de lecture ? Mais oui! "Les grandes lectures de ma vie,... c'est celles écrites par des hommes. C'est Michelet. Michelet et encore Michelet, jusqu'au larmes. Les textes politiques aussi, mais déjà moins. C'est Saint-Just, Stendhal, et bizarrement ce n'esst pas Balzac. Le Texte des textes, c'est l'Ancien Testament". (p.35) Voilà. C'est tout. Michelet, Saint-Just, La Bible, Stendhal (ouf!), mais pas Balzac... Michelet a-t-il déjà ému aux larmes quelqu'un d'autre que Duras? J'aimerais savoir. Et la Bible, chef d'oeuvre de la littérature? Pour ceux que ça intéresse, je recommande la lecture du Livre des Nombres. A vous tirer les larmes.

A part ça? Eh bien, écrire c'est: la solitude; la folie; une aventure; avoir peur; douloureux; difficile. Bien, bien. Me voilà édifiée...

Un passage assez drôle (mais je pense que l'humour, chez Duras, est involontaire): "Je n'ai jamais menti dans un livre. Ni même dans un livre. Sauf aux hommes. Jamais." (p.33)

Et puis celui-là:

"Ecrire.

Je ne peux pas".


Franchement, fallait pas se forcer. Surtout pour nous sortir un cafouillage aussi colossal que "Sublime, forcément sublime Christine V." A propos de ce texte, Desproges a presque tout dit : "Même Marguerite Duras, la papesse gâteuse des caniveaux bouchés, m'ennuie. Ce n'est pourtant pas la moitié d'une conne puisqu'elle fait le même métier que Max Gallo. Mais j'ai beau me plonger et me replonger dans les feuilletons de cul à l'alcool de rose de cette apologiste sénile de l'infanticide, ça m'emmerde autant que l'annuaire du Lot-et-Garonne. (Surtout, évitez l'annuaire du Lot-et-Garonne : c'est nul.) Si encore cette incompréhension jouait à sens unique. Mais, hélas, je soupçonne Mme Duras de ne pas lire mes livres..." (Chroniques de la haine ordinaire) "Hiroshima, mon amour... Quel étrange cri, disait Marguerite Yourcenar, à propos de ce titre de Marguerite Duras. Oui, Marguerite Duras, vous savez, l'apologiste sénile des infanticides ruraux... Marguerite Duras, qui n'a pas écrit que des conneries. Elle en a aussi filmé. Mais c'est vrai, quel étrange cri : Hiroshima, mon amour. Et pourquoi pas "Auschwitz mon loulou" ?" (Textes de scène).

Ignoble, immonde, crapuleux. J'insulte? C'est Duras elle-même qui dit que "l'insulte, c'est aussi assouvissant que d'écrire un beau poème". Elle se trompait (encore). L'insulte, c'est de publier dans un quotidien à grand tirage une accusation épouvantable (et fallacieuse) sans aucun égard pour la personne concernée, parce que ce qui compte, c'est d'écrire, de faire un texte, même si on le fabrique sur les ruines d'un être humain qu'on détruit sans effort à coup de mots, de folie débridée, de cruauté imbécile. Impardonnable.

Note: le texte est interdit de parution en France mais a été publié par une édition québecoise. Une version anglaise complète existe. On trouvera sur le net des extraits publiés et commentés par des adulateurs de Duras. Y a qu'à chercher. Si on en a vraiment envie.

Duras et les autres. Pour Duras, les autres n'existent que pour son écriture. Pour apprécier complètement le caractère pathétique du personnage, on peut visionner cette interview. Pitoyable.

17:44 Écrit par Bibliophage dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/09/2009

Encore un peu de vocabulaire (inter)nautique

Quarantaine

pandemia quarantena

Quarantaine
quarantaine

Rameurs

rameurs


Ramer
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13:15 Écrit par Bibliophage dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vocabulaire, internet, nautique |  Facebook |

25/09/2009

De la terminologie nautique au vocabulaire de l’(inter)naute

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Pirate (piratage, acte de piratage)

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Port

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Port

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12:37 Écrit par Bibliophage dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vocabulaire, nautisme, internet |  Facebook |

12/01/2009

Roman vrai

Diane Dubois Mullaly - A good read

dubois-mullaly-diane a good read

Elle se réfugiait sur la terre ferme du roman, où coule somme toute en mille méandres le fleuve bleu de la vérité.
[Henry James]
Ce que savait Maisie

19:54 Écrit par Bibliophage dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, citations, james, mulally |  Facebook |

07/11/2008

L'actrice

Pierre Auguste Renoir - Lecture du rôle

Renoir_Lecture du rôle

Mon coeur est une penderie dans laquelle tous les costumes de mes personnages sont accrochés.

[Simone Signoret]

15:54 Écrit par Bibliophage dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, citations, renoir |  Facebook |

20/08/2008

D'Urfé et Goya, un art de l'angoisse ?

goya_saturne"D’un côté il voyait Saturne appuyé sur sa faux, avec les cheveux longs, le front ridé, les yeux chassieux, le nez aquilin, et la bouche dégoutante de sang, et pleine encore d’un morceau de ses enfants, dont il en avait un demi mangé en la main gauche, auquel par l’ouverture qu’il lui avait fait au côté avec les dents, on voyait comme panteler les poumons, et trembler le cœur. Vue à la vérité pleine de cruauté, car ce petit enfant avait la tête renversée sur les épaules, les bras penchants par devant, et les jambes élargies d’un côté et d’autre, toutes rougissantes du sang qui sortait de la blessure que ce vieillard lui avait faite, de qui la barbe longue et chenue en maints lieux se voyait tachée des gouttes de sang qui tombait du morceau qu’il tâchait d’avaler. Ses bras et jambes nerveuses et crasseuses, étaient en divers endroits couvertes de poil aussi bien que ses cuisses maigres, et décharnées. Dessous ses pieds s’élevaient de gros morceaux d’ossements, dont les uns blanchissaient de vieillesse, les autres ne commençaient que d’être décharnés, et d’autres joints  avec un peu de peau et de chair demi gâtée, montraient n’être que depuis peu mis en ce lieu.

Autour de lui on ne voyait que des sceptres en pièces, des couronnes rompues, de grands édifices ruinés, et cela de telle sorte, qu’à peine restait-il quelque légère ressemblance de ce que ça avait été." (Honoré d'Urfé, L'Astrée, 1627)

Tableau : Goya, Saturne dévorant ses enfants.

Alors, pastoral, le roman d'Honoré d'Urfé? Avouez que le XVIIe siècle n'a rien à envier à nos spécialistes contemporains de la littérature d'angoisse. Et pour ce qui est des illustrateurs, Francisco de Goya se pose un peu là.

(Note : le texte original a été adapté à l'orthographe contemporaine).

14:31 Écrit par Bibliophage dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, citations, litterature, goya, angoisse |  Facebook |