14/10/2009

Dévorer les livres

fabien le souvenir

Lire, c'est boire et manger. L'esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas.

Victor Hugo

Faits et croyances

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13/10/2009

La littérature est partout

Jin Xu-#2082

Ce qui gâche un peu la littérature contemporaine, c'est le désir de dépayser le lecteur par des choses bizarres, inattendues. L'aventure est partout.

Germaine Beaumont

Entretien avec Roger Vrigny - Décembre 1975

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24/10/2008

Flânerie (1)

Apollinaire décrit, dans Le flâneur des deux rives, le Paris qu’il aime, celui qu’il déteste, celui qu’il regrette. Amateur de livres, il fréquentait la Bibliothèque Nationale et la Mazarine, mais il avoue préférer les quais, « cette délicieuse bibliothèque publique ».

C’est à la Bibliothèque du Musée social, rue Las Cases, qu’il fait la connaissance d’un amateur de bibliothèques. « Je me souviens, me dit-il, de lassitudes profondes dans ces villes où j’errais et afin de me reposer, de me retrouver en famille, j’entrais dans une bibliothèque. » (p. 43).

Suivons ce promeneur dans ses pérégrinations à travers le Continent Bibliothèque.

« Je crois que, pour ce qui est de la lumière, la bibliothèque de Lyon est une des plus agréables. Le jour y pénètre mieux que dans toutes les bibliothèques de Paris. » Lyon_Biblio_Jésuite

Reste à savoir quelle bibliothèque l'interlocuteur d'Apollinaire décrit ainsi. Car à l’époque où l'auteurécrit ces lignes, la Bibliothèque de Lyon a déjà connu quelques implantations !

A partir de 1565, elle se trouve dans le Collège de la Trinité (actuel lycée Ampère), ou plutôt, on l’y cherche, car les livres sont dispersés en divers points du Collège et il faut attendre la première moitié du XVIIe siècle pour qu'une salle particulière soit attribuée à une bibliothèque. Celle-ci est réservée aux professeurs.

En 1731, la première bibliothèque publique de Lyon (Hôtel de Fléchère) ouvre ses portes dans le vieux quartier Saint-Jean. Elle est ouverte le lundi et le vendredi. Les ouvrages ne peuvent être empruntés. En 1765, les deux bibliothèques sont réunies au Collège de la Trinité, géré par les Oratoriens. Le fonds de 40 000 ouvrages est rendu accessible au public.

A la révolution, la bibliothèque est fermée et les biens confisqués aux communautés religieuses lyonnaises sont rassemblées dans divers dépôts littéraires. L'occupation de la bibliothèque par les troupes armées après le siège de Lyon, les prélèvements faits pour enrichir les collections parisiennes et les conditions précaires de conservation portent atteinte à l'intégrité des collections.Lyon-Musée-saint-pierre

En 1803, la municipalité prend en charge la gestion de la bibliothèque et prévoit la nomination et la rémunération d’un bibliothécaire, ainsi qu’un budget de fonctionnement. Antoine Delandine, le premier bibliothécaire nommé, s’attèle au classement des collections. Avec lui et ses successeurs, les collections s'accroissent.

En 1831 est créée une seconde bibliothèque municipale consacrée aux sciences et aux arts, la bibliothèque du Palais des Arts (actuel musée Saint-Pierre), qui regroupe les collections de l'Académie de Lyon et de diverses sociétés savantes. Les locaux des deux bibliothèques deviennent vite insuffisants et des lecteurs se plaignent de la dispersion des collections.

En 1911, la Bibliothèque municipale s’installe dans le Palais Saint-Jean, sur les bords de la Saône. Elle englobe les collections du Collège et celles du Palais des Arts.

Lyon Biblio_Palais_st_Jean

A partir de 1959, le réseau de lecture publique et des bibliothèques pour adultes et pour enfants sont ouvertes dans les différents arrondissements.

Lyon Part-Dieu BibliothèqueEt en 1972, la bibliothèque centrale quitte le Palais Saint-Jean pour de nouveaux locaux, situés sur la rive gauche du Rhône, dans le quartier de la Part-Dieu.

 

Et donc, quel lieu l'amateur de Bibliothèque confie-t-il à Apollinaire qu'il le considère comme "l’une des bibliothèques les plus agréables" ? Le Musée Saint-Pierre avec son cloître magnifique ? J’aimerais bien le savoir !

 

La Bibliothèque municipale de Lyon

Quelques photos de Lyon

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27/08/2008

Blogs de libraires

Quelques blogs (ou sites) de libraires, pour découvrir les nouveautés, lire les conseils et pourquoi pas, commander en ligne ou se rendre sur place (voyager entre les rayonnages, d'un étage à l'autre, toucher les livres, les prendre, les feuilleter, sentir la bonne odeur du papier neuf et de l'encre d'imprimerie, fouiller dans les bacs des livres d'occasion, profiter du sourire du/de la libraire, hmmm...)

Papyrus : blog de la librairie Papyrus, 16 rue Bas de la Place à Namur.

Graffiti, 129-131 Ch. de Bruxelles - 1410 Waterloo Belgique

Librairie de Rome, 16A, rue Jean Stas, 1060 Saint-Gilles. Une véritable institution bruxelloise, annonce le site de la librarie. Eh oui! On l'aime depuis toujours, depuis l'époque où elle nichait Avenue Louise, mais on aimerait un site un peu moins vénérable...

Filigranes, Avenue des Arts, 39-40 (Entre rue de la Loi et rue Belliard), 1040 Bruxelles. Ah, Filigranes, la destination des dimanches après-midi en famille, promenade littéraire à travers les rayons et consommation lente de café au son d'un piano jazz raffiné, entouré de lecteurs alanguis sur les divans. Que demande le peuple?

Kuroda Seiki reading

Blogs littéraires

Chr._Curien_Dumezil_KebapQuelques blogs à découvrir...

Post It littéraire, blog de Nicolas Ancion; j'ai relevé ce billet : "Comment lire un recueil de nouvelles en classe ?" Surprenant.

Lire est un plaisir, journal d'un chroniqueur littéraire, un blog très, très fouillé, bourré de références et de notices. Brèves, les notices, mais qui vous donnent chaque fois envie de découvrir l'ouvrage recensé.

Biblioblog, un autre site bourré de recommandations. Amusant, le jeu des énigmes. A découvrir.

Bibliotheca, Dans l'univers du livre. De tout, de tout, de tout. Présentation élaborée des livres avec, en plus, des extraits pour beaucoup.

Theo_van_Rysselberghe_La_Lecture

20/08/2008

D'Urfé et Goya, un art de l'angoisse ?

goya_saturne"D’un côté il voyait Saturne appuyé sur sa faux, avec les cheveux longs, le front ridé, les yeux chassieux, le nez aquilin, et la bouche dégoutante de sang, et pleine encore d’un morceau de ses enfants, dont il en avait un demi mangé en la main gauche, auquel par l’ouverture qu’il lui avait fait au côté avec les dents, on voyait comme panteler les poumons, et trembler le cœur. Vue à la vérité pleine de cruauté, car ce petit enfant avait la tête renversée sur les épaules, les bras penchants par devant, et les jambes élargies d’un côté et d’autre, toutes rougissantes du sang qui sortait de la blessure que ce vieillard lui avait faite, de qui la barbe longue et chenue en maints lieux se voyait tachée des gouttes de sang qui tombait du morceau qu’il tâchait d’avaler. Ses bras et jambes nerveuses et crasseuses, étaient en divers endroits couvertes de poil aussi bien que ses cuisses maigres, et décharnées. Dessous ses pieds s’élevaient de gros morceaux d’ossements, dont les uns blanchissaient de vieillesse, les autres ne commençaient que d’être décharnés, et d’autres joints  avec un peu de peau et de chair demi gâtée, montraient n’être que depuis peu mis en ce lieu.

Autour de lui on ne voyait que des sceptres en pièces, des couronnes rompues, de grands édifices ruinés, et cela de telle sorte, qu’à peine restait-il quelque légère ressemblance de ce que ça avait été." (Honoré d'Urfé, L'Astrée, 1627)

Tableau : Goya, Saturne dévorant ses enfants.

Alors, pastoral, le roman d'Honoré d'Urfé? Avouez que le XVIIe siècle n'a rien à envier à nos spécialistes contemporains de la littérature d'angoisse. Et pour ce qui est des illustrateurs, Francisco de Goya se pose un peu là.

(Note : le texte original a été adapté à l'orthographe contemporaine).

14:31 Écrit par Bibliophage dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, citations, litterature, goya, angoisse |  Facebook |